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Les grandes écoles l'ont compris depuis longtemps, le réseautage peut faire toute la différence en ce qui concerne l'insertion des jeunes diplômés ou encore l'évolution d'une carrière, et encore plus lorsqu'il s'agit d'évoluer à l'international.

Autrefois, on les appelait « associations d'anciens élèves ». Puis, s'imprégnant de la culture anglo-saxonne, les grandes écoles ont progressivement choisi de rebaptiser ces cercles d'anciens en alumni, un terme latin qui désigne littéralement les « élèves » mais concrètement regroupe celles et ceux passés par les mêmes écoles, universités, ou réseaux. Mais quel que soit le nom choisi, on peut légitimement se demander à quoi servent ces associations ? Leur but est évidemment d'aider l'école dont ses anciens sont issus à poursuivre son action dans les meilleures conditions, en aidant ses élèves à trouver des bourses, des stages, un emploi… tout en lui apportant une expertise professionnelle forte. Ces réseaux d'anciens sont une porte d'entrée vers le monde du travail, un outil que plus personne ne néglige pour favoriser l'insertion des jeunes diplômés. Trois réseaux d'anciens, forts de plusieurs milliers de membres, témoignent.

Un patron aux commandes

Jean-Claude Puerto Salavert affiche une brillante carrière d'entrepreneur. Co-créateur d'Ada au début des années 80, il fonde ensuite Ucar, un réseau de franchise de location de voitures low cost et longue durée. Une expérience qu'il souhaite faire partager et transmettre aux plus jeunes talents. « J'ai accepté de devenir président des Alumni de l'Inseec parce que je trouvais normal de rendre un peu de ce que j'avais reçu au cours de ma vie d'entrepreneur, explique-t-il. J'avais un bon souvenir de l'Inseec où j'avais étudié ; lorsqu'on m'a proposé de présider cette association qui regroupe quelque 63 000 membres, il m'a semblé que c'était une mission intéressante. » Cinq ans déjà qu'il est à la tête de l'association, et il souhaite renouveler son mandat. « Même si nous ne comptons pas de présidents d'entreprises du CAC 40 parmi nos membres, nous sommes partout, des PME aux grandes entreprises, nous sommes donc un réseau potentiellement très puissant, à condition de le fédérer, dit-il. C'était d'ailleurs l'attrait de cette mission : parvenir à insuffler à tous ces anciens un sentiment d'appartenance à quelque chose de commun. Les gens prennent peu à peu conscience de l'importance du réseau, mais cela prend du temps. Il faut lutter contre les fortes inerties, se donner des objectifs sur des temps longs. »
Pour cela, il a fallu organiser l'association de la façon la plus efficace possible. « Pour fédérer, poursuit Jean-Claude Puerto Salavert, il faut mener des actions ensemble. Nous avons constitué des délégations (Emploi, Entrepreneuriat, Relation avec l'école…) qui ont chacune des animateurs chargés de mobiliser les énergies. Notre objectif est de développer « la préférence Inseec » afin de rendre les opportunités plus nombreuses, de faciliter la vie de tous en facilitant les recrutements, en créant un vivier également capable de répondre à des problématiques techniques, afin aussi développer un sentiment “d’entrepreneurialité”… Nous avons là des gens qui font, notre rôle est de faire valoir auprès des DRH nos talents. »
 
Les réseaux servent tout particulièrement à celles et ceux qui ont fait le choix de l'étranger. Que ce soit pour trouver un stage ou des compatriotes qui aideront à s'installer en dehors de nos frontières, le sentiment d'appartenance à un même groupe renforce les liens de solidarité. « Je considère qu'être introduit dans la vie locale par des gens qui la connaissent bien permet d'accéder à des réseaux sur place de qualité. On peut ainsi gagner un temps considérable, limiter les erreurs ; nous avons d'ailleurs la chance de compter des délégations très actives et accueillantes dans 25 pays. »
En résumé, pour  Jean-Claude Puerto Salavert , le réseau est indispensable, surtout dans les premières années de sa vie professionnelle. « Nous sommes dans un contexte compliqué, nous sommes aussi actifs pour donner un coup de pouce : 63 000 anciens dans tous les secteurs d'activités, cela permet de favoriser le business entre ces membres. On est dans un monde qui va de plus en plus vite, il faut avoir accès rapidement à l'information, et le réseau permet cette rapidité. Le diplôme, c'est utile, mais les jeunes ne doivent pas négliger la puissance et l'efficacité de ces organisations d'anciens. Et à l'avenir,  je crois que l’entrepreuneurialité sera une perspective de carrière qu'il faudra toujours plus intégrer dans un cursus pro. L’alumni devra s’impliquer fortement dans cette évolution. »
 
 

D'anciens V.I.E. et V.I.A. partout dans le monde

Les V.I.E. et les V.I.A. sont une formule de plus en plus recherchée par les jeunes diplômés qui y voient une formidable opportunité pour débuter leur travail à l'étranger et pour booster leur carrière. Antoine Vernholes est le président du Club des Volontaires internationaux pour Entreprendre, un Club d'anciens volontaires. Lui-même passé par un V.I.E. et après avoir passé dix ans à l'international, il a choisi, avec un autre ancien volontaire, de créer un club d'anciens. « Nous nous sommes dit qu'il était important d'avoir un réseau qui puisse soutenir les personnes parties à l'étranger, notamment pour les aider à retrouver un emploi en France au moment de leur retour. Nous avons créé un programme spécifique en collaboration avec Ubifrance (aujourd'hui Business France). Aujourd'hui, nous regroupons 12 000 membres installés dans 60 pays et 80 villes à travers le monde. Nous avons fêté nos dix années d'existence », explique Antoine Vernholes. De nombreuses passerelles sont également jetées entre le monde du travail et les jeunes anciens volontaires, par exemple avec les CCE potentiellement intéressées par leurs profils, ou encore au travers d'événements qui permettent de dynamiser le réseau. « Nous organisons des French Tech, des afterwork, des séances de networking…  en général en partenariat avec d'autres associations. Nous avons un vivier de profils rares et pouvons aider nos membres à trouver un emploi, mener une carrière ou encore implanter leur société à l'international. » Ce qu'ils ont en commun ? Une expérience professionnelle marquante, fondatrice. « A l'avenir, nous souhaitons développer une offre plus professionnelle pour nos adhérents, afin de les conseiller au mieux, que ce soit pour leur insertion ou encore leur aide au retour… »

Une grande école entre les mains de ses « anciens »

A l'EDC Group, le réseau des anciens élèves possède sa propre structure : Force Alumni, avec 14 000 diplômés installés dans plus de 74 pays. L'association est l'une des plus anciennes et son objectif est de regrouper et favoriser la solidarité entre tous les étudiants et les diplômés de l'école. L'association publie annuaire et revue, et organise également régulièrement des conférences et des événements où se rencontrent jeunes diplômés et professionnels. 

Ses objectifs sont de permettre de dynamiser les carrières de ses jeunes diplômés en leur permettant notamment d'être actif au sein d'un réseau professionnel riche. « Nos anciens » sont importants dans notre structure, d'ailleurs, ce sont 270 d'entre eux qui ont racheté l'école en 1995 avec la volonté de lui garantir toute son indépendance, explique Frederick Wehrle, directeur des relations internationales de l'école. Nos anciens sont totalement partie prenante du rayonnement de l'école, nous avons d'ailleurs intégré l'entrepreuneuriat dans toutes nos spécialités. Les professionnels font partie de nos jurys de missions. » Ces missions sont des problématiques concrètes soumises par des professionnels (dont un tiers sont des anciens) aux étudiants qui les travaillent comme des consultants. Ces alumni sont considérés comme formant un lien de confiance vers le monde du travail. « Le réseau est une main tendue, une vraie valeur ajoutée, et nous sert à accompagner nos jeunes à l'international. Les anciens élèves intégrés dans le monde professionnel à l'international sont le plus souvent ravis d'accueillir nos étudiants ou nos jeunes diplômés et de les soutenir sur place. »
 

 

Extrait de La Voix de France n° 566 Juin 2017 consultable ci-dessous

 

 

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